// Gotta Have it // David LaChapelle //

« Mr. Alvedon said that of all the photographers inventing surreal images, it was Mr. LaChapelle who has the potential to be genre’s Magritte » – The New York Times

Il y’a des artistes qui créent, d’autres qui innovent. David LaChapelle fait les deux. Cette semaine Be Arty // Be Chic a choisi de vous parler de l’artiste américain David LaChapelle, photographe et réalisateur de profession, provocateur par choix!

David LaChapelle voit le jour le 11 mars 1963 dans le Connecticut. Sa première photo sera celle de sa mère en bikini avec un verre de Martini à la main sur une terrasse de Puerto-Rico. Ca ne s’invente pas! Pour se faire un peu d’argent, pas de petit boulot au McDonald comme les jeunes de son âge. Non lui trouvera du boulot dans le fameux club new-yorkais Studio 54! Son amour pour le faste et les stars ne lui vient donc pas de nulle part. LaChappelle s’intéresse alors au médium photographique et se lance dans des études d’art.A la fin de ses études, dans les années 80′, il foule toutes galeries d’art et autres lieux d’expositions New-Yorkais pour se faire exposer et son travail tape dans l’oeil de l’empereur de l’art de cette époque, Andy Wharol. Ce dernier lui offre un job de photographe dans Interview Magazine! 

A partir de là plus rien ne retient David LaChapelle, qui met en avant son amour de la photo mais surtout du faste, du glamour de l’époque et produit les campagnes publicitaires les plus folles les unes des autres qui le font connaitre du grand public. Il photographiera les plus grandes stars tout au long de sa carrière. Elton John, Madonna, Tupac, mais aussi Britney Spears, Jeff Koons, Naomie Campbel ou encore les Kardashians, qui détestent rester sur la touch, passerons à travers son objectif! 

Son intérêt ne s’arrête pas à l’image fixe. En effet la réalisation de documentaire le tente aussi. C’est ainsi que en 2005 il réalise un documentaire sur le Krumping, danse née dans la communauté afro-américaine du Sud de Los Angeles. « Rize » sera montré dans plus de 17 pays et acclamé dans tous les cinémas américains. Il sera d’ailleurs récompensée lors de prestigieux Sundance Festival et sera choisi comme film d’ouverture du Tribeca Film Festival à New York de la même année. Encore une fois son travail est reconnu et congratulé par les critiques. Welcome in the « Battle Zone »! 

« LaChapelle reveals he has the documentary filmmaker’s gift for charting the evolution of a new form of artistic expression as a way of illuminating an entire world… a moving documentary. » Los Angeles Times.

Ce qui importe à un artiste c’est que l’on reconnaisse sa patte, son style! David LaChapelle n’a aucune inquiétude à se faire de ce côté là! En effet son style photographique est reconnaissable par deux aspects importants. La première est la surexposition des images, c’est à dire l’accentuation de la couleur. Pour se faire, l’étape de du tirage est très cruciale, c’est durant cette opération qu’il utilise des négatifs de couleurs, qui donne cet effet de retouché. La seconde est l’effet chargé, éxubérant presque étouffant qui se dégage.

Dire que les photographies de David LaChapelle sont choquantes, dans la société puritaine américaine serait un euphémisme! Son oeuvre représente tout les vices redoutés dans le paradis factice qu’est Hollywood. Ainsi l’argent, le sexe, la prostitution, l’homosexualité, la drogue, la musique, trouvent leur place dans son univers photographique. Considérés comme des sujets faciles et purement marketing par le monde de l’art, quand on y regarde de plus près, une véritable critique sociale s’échappe de ses oeuvres. L’idéalisation du star système, la critique de la société de consommation, la recherche d’un bonheur immédiat mais éphémère, sont des messages sous-jacents du travail de David LaChapelle, qui pourtant évolue dans cet univers. Son travail demande donc une double lecture si on veut le comprendre vraiment! D’ailleurs la première photographie de Naomie Campbell ci-dessous, appelée « Rape of Africa », la représentant en tant que Vénus, est une satyre dénonçant le « viol » du continent africain par le pillage de ses richesses!

En 2006, lassé de cette vie et de ce travail trop commercial, il décide de fuir cet univers dans lequel il pense avoir perdu son âme dans les méandres de l’alcool et d’autres substances que je ne citerais pas, pour se réfugier sur l’île Maui à Hawaii. C’est là-bas dans sa ferme bio entouré de la nature sauvage qu’il abandonne l’univers qu’on lui connait, pour revenir à ses premiers essais de jeunesse quand il arpentait les pavés de New-York à la recherche de reconnaissance. Malgré sa bonne volonté, l’impitoyable monde de l’art a du mal à accepter à 100% cet artiste, qu’il considère comme appartenant au monde du papier glacé et non pas à celui des cimaises de musées et de galeries. Il ne se laisse cependant pas démonter!

Son amour pour l’histoire de l’art se conjugue à son obsession pour la dépravation de notre culture pop, acidulée! Ainsi ses nouvelles compositions s’inspirent de grands maitres en la matière. Michel-Ange (1475-1564) et son « Déluge » sur plafond de la Chapelle Sixtine, lui inspire une photographie, aujourd’hui connue, qui sera en couverture du magazine PHOTO, mais surtout qui aidera son passage du monde de la photographie publicitaire à celui de la photographie artistique.

Michel-Ange - "Le Déluge"

David LaChapelle

Cette photographie, que le Pape Benoît XVI n’ a assurément pas du apprécier, représente pour David LaChapelle, « La fin du monde, lorsque tout a disparu, que le matérialisme est arrivé au stade ultime et qu’apparaît alors le désir de trouver l’illumination et de se tourner vers Dieu. » 

Ce qui me plaît dans le travail photographique de David LaChapelle, c’est l’illusion parfaite qui transparait! Même si on peut croire que la magie des décors de ses photos sont due à sa connaissance approfondie des images de synthèse, ce n’est pas le cas! En plus d’avoir une imagination débordante, David LaChapelle a une team d’assistants ( on se doutait bien qu’il ne faisait pas tout tout seul!) qui suivent ses instructions et construisent les décors de ses photos à la main! Ainsi donc sa réinterprétation du Déluge de Michel-Ange n’est autre qu’une construction en matériaux quelconquex qu’il a plongé dans l’eau afin de donner cette illusion parfaite!

David LaChapelle - Behind the Scene

Pour sa photographie « The Raft », inspirée par la fameuse oeuvre du grand peintre classique français Théodore Géricault, « Le Radeau de la Méduse », David LaChapelle construit carrément un radeau avec des planches de bois et des barres de fer! Son travail ne consiste donc pas seulement à cliquer sur un bouton! La mise en scène, la théâtralité mais aussi son appropriation de l’espace rendent son oeuvre unique en son genre!

A partir de son éloignement de son monde fait de fastes et de paillettes, la spiritualité trouve une place importante dans sa réflexion artistique. La série « Still Life » est le parfait exemple de son implication dans ses projets personnels et dans la nouvelle direction qu’il veut donner à son travail. Le point culminant de cette série est sa ré interprétation de l’oeuvre de Léonard Da Vinci « La cène » qu’il commence après que des vandales aient attaqué le National Wax Museum de Dublin. Dans sa revisite, David LaChapelle dispose des têtes flottantes aux expressions pieuses et des mains détachées de tout corps, dans des boites. Changeant ainsi la composition antique de l’oeuvre de Da Vinci. Ces figures font alors échos aux martyres de l’iconographie chrétienne.

David LaChapelle - Still Life - 2009:2012 - Sweden

David LaChapelle - Still LIfe - 2009 : 2012

« Last Supper » est l’exemple parfait de la tendance de David LaChapelle a mélanger le sacré et le profane. De fait, chacune des faces sont celles de stars connues au visage déformé. Il continue donc par là à s’interroger sur la remontée de la spiritualité dans notre société matérielle mais aussi sur la fascination de la société actuelle pour la chute des artistes, qu’un jour on adule et que le lendemain on remise au placard.

Après avoir traverser les décennies de travail de David LaChapelle, j’ai enfin trouvé l’aspect de son oeuvre qui résonne le plus en moi. Ce n’est donc pas la drogue, ni la débauche qui me fascine mais bien l’aspect travaillé et socialement concerné qu’il a réussi de façon subtile à intégrer dans ses dernière séries, « Landscape » et « Gas Station ». Dans ces deux dernières portent sur l’industrie du Pétrole. Exposée à la fin de l’année 2014 à la Galerie Daniel Templon à Paris, ces séries n’ont pas conquis tous les critiques artistiques, qui se sont peut être senti un peu perdu dans la nouvelle voie que David LaChapelle donne à son travail! Et bien pas moi! « Landscape » et « Gas Station » sont la preuve que selon moi, LaChapelle n’a rien perdu de son doigté. Il y’ a toujours ce foisonnement de détails et d’artifice qui oblige le spectateur à s’approcher, à s’interroger et se surprendre à deviner comme il en est arrivé à ce rendu!

En effet quand on y regarde de plus près on peut remarquer que David LaChapelle et sa team on remodelé en miniature des stations essences abandonnées dans des paysages luxuriants et autres raffineries, en utilisant des bouteilles en plastique, des pailles, des boites d’oeufs et d’autre matériaux de récupération. Juste dingue! Intégrant ensuite sa fascination des lumières exacerbées, il dénonce l’avancée et surtout l’impact de cette industrie sur notre environnement. Plus besoin de s’attacher à un arbre Greenpeace!

David LaChappelle a donc démontré tout au long de ses 30 ans de carrière, sa faculté à se réinventer mais surtout à suivre son instinct, quitte à prendre le risque de tout perdre! Que l’on apprécie ou que l’on déteste, on ne reste pas insensible. Il remplit donc les conditions intrinsèques d’un véritable artiste.

Parlons business maintenant…

Pour ceux qui veulent s’offrir un David LaChapelle, ou qui veulent m’en offrir un (mon anniversaire est en Avril…à bon entendeur!), le travail du photographe s’est vendu aux enchères pour un total de 667,466$ en 2014. Avec une moyenne de photo entre 10,000 et 20,000$ aux enchères, certaines photographies pouvant atteindre les 40’000$, la côte de David LaChapelle est stable et « accessible » quand on a quelques économies! Ps: Les séries « Landscape » et « Gas Station » sont elles vendues pour la modique somme de 110.000 euro en galerie… Je vous laisse choisir le lieu propice à votre achat! 

Oh.

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