// Focus On Christopher Coppers //


Christophe Coppers
Christopher Coppers
Aaah le papier! Il est le matériau le plus utilisé dans le monde artistique, dans le sens le plus large du terme. En effet, les artistes peintres l’utilisent pour croquer leurs prochaines réalisations, les écrivains y couchent leurs rimes, les architectes y dessinent leurs plans! Le papier sert donc depuis la nuit des temps aux artistes et cela sous des formes différentes.

Christopher Coppers lui se réapproprie ce matériau, lui donnant ainsi une nouvelle vie. Ce n’est pas seulement le papier en tant que matière qui l’intéresse, c’est le papier en tant que média, en tant que magazine avec le message qu’il porte, qui le rend accro et le guide dans son travail artistique.

Christopher Coppers, qui es-tu? 

Né le 17 octobre 1982, Christoper Coppers évolue dans le monde des médias depuis sa plus tendre enfance. Son père était propriétaire d’un laboratoire photo ayant la primeur sur la retouche et le développement photographique dans le secteur de la pub. Il a donc baigné dans ce monde, a connu la naissance du digital, oui il est vieux, déjà 32 ans 🙂 , et donc le déclin de la photo manuelle!

Il décide de se lancer dans des études artistiques. De ses 15 à ses 18 ans il poursuite une formation en section artistique, avec des professeurs qui le marquent et lui permettent de développer sa passion mais aussi de croire en ses capacités. Cependant son passage à l’ERG, Ecole de recherche graphique, ne lui convient pas, il ne se sent pas libre. Il décide alors de tout lâcher et de se concentrer à fond sur son art! Opposé au diktat du monde des galeries, Christopher Coppers préfère que son travail fonctionne en osmose avec l’environnement dans lequel il le place. Ce sont donc les curateurs et les mécènes, la multiplication de projets et de commandes qui lui permettent de créer en toute liberté.

Christopher Coppers, que fais – tu? 

Comme dit ci-dessus, le déclin du média papier à la faveur du média digital a un impact sur le travail de Christopher Coppers. Les médias apparaissent et disparaissent de manière tellement rapide, qu’ils deviennent obsolètes dès que l’édition suivante est en route! Il crée ses compositions dans un désordre organisé digne de la multitude d’idées qui doivent grouiller dans son cerveau! L’élément principale de son travail est notre cher magazine. Qu’il soit de mode, de culture, de gossips ou même de voiture, Christopher Coppers redonne une vie à ce médium en voie de disparition. Sa fonction de guérisseur est à double tranchant. Il les aime, les déteste, les sublime, les déchire, tout en essayant quand même de leur redonner leurs lettres de noblesse. Soyons honnête, même si il reste encore quelques années à ce média à vivre, il est clair que ce sont les versions Web de nos magazines que nos petits-enfants connaitront! C’est donc l’achat du média qui lui fait perdre de sa valeur. Une fois qu’il est dans les mains avides du grand public, que le magazine perd de sa superbe. Face à cette réalité, le travail de Christopher Coppers demande une recherche permanente de ce matériau sans devoir le payer bien-entendu! C’est donc sur internet, dans les vides-greniers ou encore dans les poubelles que monsieur l’artiste trouvent ses petites!

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Christopher Coppers n’utilise pas ce support juste pour faire joli et mater les courbes voluptueuses des mannequins qui en font la couverture! Il transperce le médium au sens propre comme au sens figuré. Avec sa série, « A fleur de peau », Christopher Coppers creuse page par page le magazine, avec la volonté d’arriver à la chair même de ce dernier et aux aspects « cachés » qui se trouvent en son coeur comme les grosses sommes d’argent, les nombreuses petites mains travailleuses ou encore le message qui y est dissimulé. Christopher Coppers se nourrit de toute cette énergie, puise dedans sans relâche afin de les élever au plus haut.

Contrairement à ce qu’il parait, son travail est loin d’être facile à exécuter. Aucune équipe derrière lui, pas de machine, juste ses mains, un cutter et une feuille de support! Il travaille page par page, creusant ainsi des formes particulières au coeur du magazine.

Le travail de Christopher Coppers ne se limite pas au découpage. La transformation du « physique » du magazine en tant que tel, s’inscrit dans le désir de donner une pérennité à ce médium. En quelque sorte l’inscrire dans le temps en le transformant en un objet d’art. L’enlèvement de « matière » devient, dans son travail devient une valeur ajoutée pour le médium. On peut y faire un parallélisme avec les publicités que nous connaissons, qui en très peu de temps nous fournisse beaucoup d’informations. L’esthétisme revêt aussi une place importante dans le travail de Christopher. Les encadrements soignés, les détails propres de ses découpes, ont un lien direct avec le côté léché, parfait et retouché du médium qu’est le magazine de mode. Son inspiration ne se limite donc pas juste à la couverture. A force de tourner les pages, il a été imprégné par cet aspect de propreté et surtout de retouché qu’il applique à sa manière au finitions de son travail.

Le médium du magazine est utilisé jusqu’au dernier morceaux! Même les déchets servent à son travail de recherche artistique. Ils reprennent donc vie aussi. Cette nouvelle voie artistique est appelée le upcycling. Upcycling ou Surcyclage en français, est le terme qui désigne l’action de récupérer des matériaux ou des produits dont on a plus l’usage pour les revaloriser. Ce qui produit des objets de meilleure qualité que le matériau d’origine! C’est donc un recyclage par le haut! Dans le cas de son travail avec les magazines, ce sont les déchets de papier qui sont réutilisés, mais on peut avancer sans aucun doute que Christopher Coppers upcycle carrément les médias au sens large du terme! Cette tendance s’inscrit parfaitement dans le cheminement artistique de Christopher Coppers. Parce que, avouons-le, une fois qu’ils sont lus, nos magazines finissent à la poubelle ou en pile à côté des toilettes et nos téléviseurs à la casse…

On peut donc affirmer sans équivoque que le travail de Christopher Coppers englobe le média magazine dans son entièreté et le transforme complètement. Il mêle ainsi à la fois questionnement sociétal, l’éthique, le recyclage et un peu de glamour! La totale quoi!

Christopher Coppers, où vas-tu? 

Il est hors de question pour notre manipulateur du papier glacé de s’arrêter là! Car les média pour Christopher Coppers, ce n’est pas seulement les magazines. Dans sa perpétuelle recherche artistique, il s’est mis à récolter des objets en tout genre, tels que des radios, du câblage, des télévisons, des téléphones, des lecteurs vidéos et DVD et j’en passe! C’est avec cet amoncellement d’objets en rapport avec les médias et leur faculté de faire voyager le spectateur en amenuisant le contact humain, que Christopher Coppers s’est jeté dans un nouveau projet incroyable appelé « Sans Transition ».

Son envie de faire fusionner tout ces objets devient plus forte que lui… Il les transforme alors tous en une seule entité à plusieurs « têtes »! Non seulement cette installation est interconnectée mais en plus, en utilisant les réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter, il la rend omniprésente. Encore une fois les dimensions d’humanité et de recyclage prennent place dans ce projet! En effet, il est possible à tous d’alimenter « le monstre médiatique », avec les objets encombrants dont vous n’avez plus l’utilité. Du moment que celui-ci est encore état de marche!   L’installation devient alors un « TOUT de RIEN », une machine infernale qui sera filmée 24 heure sur 24 afin que l’on puisse se rendre compte de l’accumulation dont l’Homme est capable et la rapidité avec laquelle il nous est possible de passer d’une chose à une autre.

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 Il n’est pas évident pour un artiste contemporain de se démarquer de ses congénères. Christopher Coppers lui y arrive! Son travail reflète ses convictions et le monde dans lequel il évolue. Malgré une prise de position envers tous les médias qui se renouvellent si vite, il ne se contente pas de protester! Il utilise ses connaissance, son esprit, sa créativité pour donner une seconde vie à ces derniers et dénoncer cette hégémonie de l’éphémère Christopher Coppers s’inscrit pour moi dans la lignée des artistes qui osent sortir des sentiers battus pour se créer un univers qui leur est propre. Arrivant ainsi à créer une émotion chez le spectateur! What else should we expect ..?

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »

Antoine Lavoisier (1743-1794)

Christopher Coppers

https://www.facebook.com/christopher.coppers

http://www.christophercoppers.com

Oh.

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